Les succès produisent les succès, comme l’argent produit l’argent.

On se fâche souvent contre les gens de lettres qui se retirent du monde. On veut qu'ils prennent intérêt à la société dont ils ne tirent presque point d'avantage ; on veut les forcer d'assister éternellement aux tirages d'une lotterie où ils n'ont point de billet. (par rapport aux sages qui vivent dans un semi-retirement, hors des grands coups d'éclat d'événements tels que la rentrée littéraire, et tirent de leur retraite des récits bien plus utiles à la société que s'ils y étaient restés plongés jusqu'au cou).

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Baudelaire :

Le Français est un animal de basse-cour si bien domestiqué qu'il n'ose franchir aucune palissade. Voir ses goûts en art et en littérature.

C'est un animal de race latine ; l'ordure ne lui déplaît pas, dans son domicile, et, en littérature, il est scatophage. Il raffole des excréments. Les littérateurs d'estaminet appellent cela le sol gaulois.

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Dans le même genre, relire le VIIIe des Petits poèmes en prose :

"- Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville." Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
"- Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies."