« Nous ne sommes plus ces robustes lecteurs d'autrefois que n'effrayaient point d'énormes et nombreux ''in-folio'', que ne rebutaient point ces matières solides qu'aujourd'hui nous trouvons lourdes et indigestes. Le temps de lire de gros ouvrages, comme celui d'en faire, est passé pour nous ; d'autres mœurs, de nouveaux usages et surtout de nouveaux intérêts, un goût plus vif et plus général pour la dissipation, le nombre toujours croissant des ouvrages et des autres objets de curiosité publique, tout cela est cause que nous n'avons plus le loisir, le repos d'esprit et de corps nécessaire pour nous livrer à de longues lectures. Nous n'avons juste que ce qu'il nous faut de temps pour parcourir les journaux, et feuilleter les nouveautés du jour. Les jeunes gens eux-mêmes n'ont plus cette ferveur de lecture qui leur faisait dévorer tant de volumes, qu'au moins ils étaient sûrs d'avoir lus une fois dans leur vie : ils se trouvent engagés trop tôt dans ce même tourbillon qui nous entraîne. »

Réponse : je l'ai extrait d'un livre de Louis-Simon Auger, Mélanges philosophiques et littéraires, (« XI., Extraits », Imprimerie et fonderie de J. Pinard, Paris 1828, P.486-487). Il date donc de 1828, comme quoi cette considération, fréquente aujourd'hui, date d'il y a longtemps...