Les Carnets de Julien Maudoux

Elucubrations sur les ouvrages et les auteurs oubliés : deux pages de mes Carnets

A l'écritoire

« Peu de choses m'attristent davantage en littérature que de voir tant de poètes, n'ayant pourtant pas démérité, emportés par l'oubli ; même à la lecture de ceux qui ont été raillés, rejetés, mon cœur s’émeut ; et le triste sort réservé à ceux qu’avait comblés la gloire et la critique mais qu’un manque d’intérêt, qu’une médisance, ou que cette occultation que produit souvent le règne d’auteurs plus grands qu’eux sur leur époque, ont presque totalement éclipsé, m’affecte et me chagrine. Sensiblerie de littérateur des bas-fonds, incapable de porter ses maigres capacités à la considération des grandes œuvres ? Ou plutôt pressentiment qu'il a, et qu'il aura, beaucoup en commun avec ces victimes de l'amnésie d’un public et d’une critique tour à tour inaptes et trop lucides ?

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Deux ou trois citations

Quelques citations en cette rentrée littéraire.

Chamfort :

Ce qui fait le succès de quantité d’ouvrages est le rapport qui se trouve entre la médiocrité des idées de l’Auteur et la médiocrité des idées du Public.

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Jules Laforgue

Juste deux poèmes de Jules Laforgue, extraits des Complaintes.

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La Chastelaine de Vergi

302698.jpgVoici un mini-mémoire fait en L3 lettres classiques, sur un tout petit roman très célèbre du Moyen âge, La Chastelaine de Vergi.

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Un rêve

J

e suis dans une grande librairie, de livres d’occasion, il me semble tout d’abord ; un « examen » plus minutieux malgré le flou du rêve me montre qu’en fait sur les rayonnages se succèdent, selon un classement qui m’échappe, des livres de toute sorte : il y a les beaux ouvrages, parfois des très rares, mais je me dis que c’est bien trop onéreux pour moi, malgré la profonde affection que je porte à ces volumes où les arts s’allient, où la poésie et le dessin se touchent et se répondent. Je les dépasse donc avec regret. J’arrive ensuite dans un coin où est entassée, comme dans un chaotique empilement de caisses et d’étagères, une quantité impressionnante d’œuvres disparates.

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Hommage à Claude Esteban

J'ai à vous parler d'une voix qui m'a profondément touchée, parce que chantant, sur un ton auquel ne peut résister aucune fausseté, la douleur, la vraie douleur : celle qui fait paraître, plus qu'insignifiantes, honteuses, nos petites peines de rien que nous nommons avec aplomb « souffrances ».

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Max-Pol Fouchet

« De quoi saignes-tu, dis-le, ma nuit profonde ? »1

Max-Pol Fouchet. A l'origine, une tragédie. Jeanne, sa femme, décède lors du naufrage du Lamoricière, en 1942. Max-Pol Fouchet l'avait pressenti, au moment du départ : ce funeste signal, le nom du navire qui soudain s'entènèbre, les lettres qui se reforment, et le poète qui lit : « La mort ici erre »... 

Puis, un courage, une force, de ce « marié à la poésie », qui n'a eu de cesse de donner...

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Pour atteindre l’étrange : la poésie de Lise Mathieu

Télécharger l'article en .pdfLe bonheur ne dort que d'un oeil... Je vous propose de découvrir le domaine poétique contemporain en effectuant une étude du premier recueil de Lise Mathieu, Le bonheur ne dort que d’un œil. Si j’ai choisi ce poète en particulier, au-delà de l’affinité qui me lie à son œuvre, et du bon souvenir que j’ai gardé de son auteur, c’est parce que la poésie de Lise Mathieu me paraît être intéressante en elle-même, exemplaire en ce qui concerne la conception du travail du poète qui y transparait, et aussi parce qu’elle représente et synthétise l’une des tendances poétiques majeures de notre époque tout en y apportant sa propre contribution.

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Lise Mathieu

 Lise Mathieu est née le 10 mars 1943. Elle a été enseignante, principale de collège dans des quartiers difficiles, proviseur de lycée à Madagascar. Ses deux grandes passions sont l'enseignement et la poésie. Elle est aujourd’hui installée dans le Perche, campagne qu'elle affectionne et dont la beauté et le mystère sont à la source de son inspiration. Lise Mathieu s'emploie dans son « île déserte » à célébrer à travers ses poèmes ces « compagnons » indispensables que sont pour elle les arbres, les fleurs, les bouleaux, les blés, la lune et le soleil... autant d'aides et de soutiens qu'elle souhaite « donner à lire », parce qu'ils permettent de dépasser les épreuves qui marquent nos vies, et, peut-être, d'« atteindre l'étrange »...

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Quand le poète se fait critique...

Charles Baudelaire

Il a été souvent remarqué tout à fait justement que, depuis Baudelaire, nombre de poètes ont également été critiques, et se sont penchés, en tant que créateurs et que lecteurs à la fois, sur les écrits de leurs « compagnons de chant ». Yves Bonnefoy, à l'instar de Philippe Jaccottet et de Claude Esteban (mais les exemples abondent), a suivi ce qui semble aujourd'hui s'être ancré comme une forme de « tradition ». On parle finalement assez peu de cette critique « humble », dirais-je, qu'ont alimentés, chacun à leur manière, les apports divers des auteurs précités, et de tant d'autres.

On parle peu de la critique contemporaine : comme si après la foison du structuralisme, s'était éteinte une flamme, alors que de moins de nouveauté peut-être dans son rapport à l'écrit (et encore!), mais d'autant de vérité, a continué sur un chemin moins éclairé par l'attention (mais qui la mériterait), une production tout à fait importante. On parle encore moins d'un pan pourtant essentiel de la critique, à savoir celui qu'alimentent les textes des écrivains eux-mêmes lorsqu'ils rédigent sur les oeuvres de leurs pairs ; peut-être parce qu'il s'agit d'une critique plus humble, dans la mesure où elle s'en retourne, dénoncant implicitement certains excès possibles, à l'origine de la position critique : un Homme lisant ce qu'a écrit un autre Homme et décidant d'aller au-delà de la simple lecture, de communiquer ce qui l'a marqué dans une oeuvre, ce qui fait d'elle une oeuvre à lire ou, au moins, à connaître (et il faut saluer chez le critique celui qui par son travail nous permet de moins nous lamenter de ne pouvoir tout lire).

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Yves Bonnefoy

(Il s'agit d'un ancien mini-article de présentation d'Yves Bonnefoy. Il faudra bien que j'écrive quelque chose de plus consistant sur ce grand poète (un de mes préférés) un jour ou l'autre.)

Doit-on encore présenter Yves Bonnefoy? Eh bien oui ; car malheureusement, comme beaucoup de nos grands poètes contemporains, il est peu connu, et, parfois, mal connu. Les planches courbes, recueil paru en 2001, a été pendant deux ans inscrit au programme des élèves de Terminale littéraire.

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Présentation

Narcisse

Ma particularité principale, c'est d'être à la fois le rédacteur de ce site, et le seul lecteur qu'il ait eu, qu'il a, et qu'il aura jamais - à moins que vous ne me détrompiez, en y laissant une marque de vie (un seul petit commentaire?). Cela me sauverait, me libèrerait du solipsisme, sans doute, même si votre commentaire consisterait en un simple, mais direct, "c'est nul".

En même temps je ne vois pas pour quelle raison ce site serait moins bon que le blog de tel garçon de seize ans qui ékriré avek sept ors t'au graf sé zaventureu amoureuseu é sa vie tou simpleman, avec, comme on le conçoit, beaucoup d'esprit, de tact et de culture...

Au milieu d'un tas de bêtises intellectuelles et d'articles incompréhensibles au commun des mortels, vous trouverez sur ces pages des extraits de mes textes maudits, et, ici et là, quelques anecdotes, littéraires ou non, dignes de rester en mémoire, ou non. Saviez-vous que le chien de George Sand, durant son adolescence, s'appelait Pluchon, dit Chlupon? Remerciez-moi : c'est bon à mettre en dissertation. Ne jamais sous-estimer le pouvoir cathartique du rire sur un professeur pressé de terminer la correction d'un énorme accumulis de copies, le dimanche soir. Vraiment. Cela pourrait au moins vous épargner un O, et, au mieux, vous octroyer un K.

Peut-être me direz-vous que mes textes sont capillotractés. Eh bien! Peut-être est-ce fait exprès. Après tout, Colnet du Ravel n'a-t-il pas écrit dans son illustre Art de dîner en ville, à l'usage des gens de lettres que...

Ce qui ne s'entend pas, voilà ce que l'on aime.
Un style entortillé cause certain plaisir
Qu'on ne définit pas, qu'on ne peut que sentir.
Ah ! Que le naturel est une horrible chose
...!
Je le hais à l'excès. Je veux que sur la rose
Ton esprit bien tendu fasse cent calembours
Qu'on n'entendra jamais, qu'on redira toujours
?

Plus sérieusement, il y a quelques (je dis bien quelques) petites choses de valeur, notamment un article sur Lise Mathieu, et un mini-mini-mémoire fait en L3 en cours d'ancien-français.

Pour plus d'informations sur moi, vous pouvez soit consulter le site de mes fans (http://narcisse.maudoux.info), soit tout simplement lire les textes égocentriques qui ont paru, paraissent, et paraîtront sur ce site.

Sinon, je suis étudiant en master recherche études littéraires à Bordeaux. Je suis également wiki-encyclopédicien bénévole sur Wikipédia depuis 2005 (plus de 4000 contributions) sous le pseudonyme d'Ulfer. Je m'occupe de plusieurs domaines là-bas : entre autres Etats-Unis (traduction+recherche), littérature (surtout poésie [contemporaine]). Je passe aussi un peu de temps à corriger les fautes et à annihiler les vandalismes qui passent dans les mailles du filet. Bien entendu, je participe aussi un peu aux projets frères de la célèbre encyclopédie.

Enfin, j'ai été webmaster du site "Le Grimoire (d'Ulfer)" pendant des années. C'était bien. J'ai relancé depuis peu le site ; j'espère qu'il vous plaira!

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