Julien Maudoux

Présentation

Docteur ès lettres (2022), je suis aussi professeur agrégé de lettres classiques en poste dans l’enseignement secondaire au lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi depuis la rentrée scolaire 2021.

J’ai enseigné en tant que doctorant contractuel et ATER à l’université Bordeaux-Montaigne (où j’ai préparé mon doctorat au sein de l’équipe CLARE devenue Plurielles, plus précisément dans le LaPRIL) et à l’université de Perpignan en tant qu’ATER.

Membre du bureau de la SEMEN-L (Société d’Études Médio et Néo-Latines), je suis le webmestre du site de cette société.

Ma thèse de doctorat

Julien MAUDOUX

La vieille femme dans la littérature du Moyen Âge

Sous la direction de Danièle James-Raoul et Géraldine Delbey

résumé

 

Domaine : Littérature française, francophone et comparée

Spécialités : Littérature médiévale (langues vernaculaires européennes, latin)

Soutenue le : 4 mars 2022

Membres du jury

M. Sébastien DOUCHET (co-rapporteur), Maître de conférence habilité, Aix-Marseille Université.

M. Jean-Marie FRITZ (président, co-rapporteur), Professeur, Université de Bourgogne.

Mme Danièle JAMES-RAOUL, Professeure, Université Bordeaux Montaigne (Directrice).

Mme Fabienne POMEL, Professeure, Université Rennes 2.

Mme Géraldine PUCCINI, Maître de conférence habilitée, Université Bordeaux Montaigne (Co-directrice).

Résumé

Au Moyen Âge, les vieilles femmes concentrent plusieurs formes de marginalité et des caractéristiques sociales et existentielles problématiques. Ce travail propose d’étudier les représentations littéraires qui en sont faites en Occident en utilisant un corpus large constitué d’oeuvres vernaculaires et latines, littéraires mais aussi médicales et religieuses, de l’Antiquité jusqu’au début de la Renaissance. La production majoritairement masculine est marquée par une certaine misogynie dans le contexte de discours religieux, savants et populaires qui, généralement négatifs envers la vieillesse au féminin, l’utilisent préférentiellement pour aborder la laideur, la déchéance et la monstruosité esthétiques et morales. Cependant, les personnages de vieilles femmes sont rares et leurs emplois ne se limitent ni à un unique rôle stéréotypé d’adversaire dévalorisé, ni au type monolithique de l’entremetteuse ou de la sorcière. Tantôt épisodique, tantôt obsédante ; insignifiante ici, là chargée de significations symboliques complexes et parfois ambivalentes ; tour à tour pure utilité narrative et personnage au sens plein du terme, la vetula interroge les normes médiévales, entre conformisme moral, transgression sexuelle, subversion idéologique et menace de l’ordre masculin. Mais il s’agit aussi d’une figure proprement littéraire, située au croisement stratégique d’enjeux stylistiques, rhétoriques et de querelles de clercs à la portée considérable, tant à propos des pratiques d’écriture qu’en ce qui concerne la question de la misogynie. Profondément orienté dès le plan lexical, cet imaginaire a été analysé sous l’aspect thématique, qui a permis de singulariser les problèmes posés par le corps féminin sénile et la question du contrôle des dames de grand âge soupçonnées de déviance, mais aussi sous l’angle des rôles actantiels et symboliques. Cet examen permet de constater que la vieille femme est ambivalente, à la fois périphérique et étonnamment incontournable, malgré le silence et sa relégation dans les marges, dès lors qu’on s’attache à comprendre les ressorts des discours sur les femmes au Moyen Âge et à sonder l’histoire littéraire, qui a réservé à la figure une place inattendue dans la fabrique des textes.

Mots-clé: femmes dans la littérature, vieillesse, vetula, monstruosité, misogynie, marginalité, personnage, Antiquité, Moyen Âge, histoire des mentalités.

CV et réalisations

Communications et activités

2020 :

10 décembre : « La vieille femme dans la littérature du Moyen Âge », communication à l’occasion du webinaire de l’ERCIF « L’imaginaire du féminin : pistes pour un avenir de la recherche ».

2018

Novembre :  Communication lors du colloque « Peinture et figures de nus dans la littérature de l’Antiquité à de la Renaissance » à la Sorbonne sur le thème suivant : « « Naturae desipientis opus » : le corps usé des vieilles femmes dans la littérature médiévale ».

1er mars : Communication lors du colloque international « Les femmes dans les chansons lyriques de croisade en langue vulgaire : voix, motifs, représentations et enjeux » à Liège (Belgique), organisée par Marjolaine Raguin, Nadine Henrard et Giovanni Palumbo (équipe Transitions). La communication portait sur « Les femmes dans les chansons de croisade : du lexique au discours ». Publication à venir aux Classiques Garnier.

2017 :

11 décembre : Communication lors du séminaire interdisciplinaire doctoral « La révolution silencieuse : femmes-hommes. III » à l’Université Bordeaux Montaigne sur le thème suivant : « La vieille femme dans la littérature de l’Antiquité au Moyen Âge ».

9 novembre : Communication lors du séminaire du LaPril « L’intime à l’épreuve de la douleur » à l’Université Bordeaux Montaigne sur le thème suivant : « Intime et douleur au Moyen Âge : de l’expérience mystique à l’expérience de la maladie et du vieillissement ». Une parution est envisagée dans les actes du colloque.

13 mai : Co-organisation de la Deuxième journée d’étude des jeunes chercheurs de la Société d’Etudes Médio et Néo-latines (SEMEN-L).

11 mars : intervention « Femmes et filiation dans quelques textes littéraires médiévaux » durant le colloque de l’ARDUA et de l’ERCIF « Voix de femmes et filiation ».

17 février : participation au Marathon des doctorants de CLARE.

2016 : Communication « Le charme et les vieilles femmes dans l’Antiquité et au Moyen Âge » à l’occasion du colloque de CLARE et du LaPRIL « Le Charme » organisé par Gérard Peylet et Géraldine Puccini.

2015 : Communication « Autour des vieilles femmes et de l’inconvenance au Moyen Âge » à l’occasion du colloque du LaPRIL « L’inconvenance » organisé par Béatrice Laville et Florence Plet.

Publications

4) « Le corps usé des vieilles femmes dans la littérature médiévale » dans Émilie Seris (dir.), Le nu dans la littérature de la Renaissance, Presses Universitaires François-Rabelais, coll. « Renaissance », 2022, p. 71-82.

3) Prévu : « Les femmes dans les chansons de croisade : du lexique au discours » dans Nadine Henrard, Marjolaine Raguin, Voix de femmes et croisades, volume d’actes à paraître aux Classiques Garnier.

2) À paraître : « Le charme et les vieilles femmes dans l’Antiquité et au Moyen Âge » dans Gérard Peylet, Géraldine Puccini (dir.), Le Charme, volume d’actes à paraître dans la collection « Eidôlon » aux Presses universitaires de Bordeaux.

1) « Autour des vieilles femmes et de l’inconvenance au Moyen Âge » dans Béatrice Laville, Élisabeth Magne, Florence Plet (dir.), L’Inconvenance, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2017, coll. « Eidôlon », 121,  p. 41-52 (consulter le sommaire).

Postes et responsabilités

2019-2021 : Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Perpignan Via Domitia (UFR LSH, département Lettres).

Depuis 2018 : membre du bureau (conseiller) de la Société d’Etudes Médio et Néo-latines (SEMEN-L). Webmestre du site depuis novembre 2020.
2017-2019 : agrégé de lettres classiques (Lycée Charles de Gaulle, Longperrier).

Depuis 2016 : co-webmestre avec Cristina Tosetto de l’espace des doctorants sur le site de CLARE.

2016-2017 : attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Bordeaux Montaigne (UFR Humanités, département Lettres).

2013-2016 : doctorant contractuel à l’Université Bordeaux Montaigne avec charge d’enseignement.

Expérience d'enseignement

J’ai assuré à l’Université Bordeaux Montaigne des travaux dirigés en langue et littérature médiévales de L2 Lettres modernes (S1 et S2) et un cours de travaux dirigés en latin pour des grands débutants (L1 Lettres modernes, S1).

Les cours d’ancien français étaient axés aussi bien sur l’approche linguistique (initiation à l’ancien français et perspective diachronique abordée en ce qui concerne la lexicologie et la phonétique) que sur l’approche littéraire. Cet enseignement était ouvert aux étudiants Erasmus ; j’ai également assuré pour plusieurs semestres le cours de Formation à distance ; enfin, j’ai coordonné l’UE d’ancien français de L2 pendant un semestre.

J’ai assuré en tant qu’agrégé de lettres classiques des cours de français (seconde et première) et de latin (tous niveaux) au lycée Charles de Gaulle de Longperrier (77230), lors des deux dernières années scolaires, et j’ai été examinateur pour les épreuves du baccalauréat de français (oral et écrit) et de latin (oral). Plus tard, au Lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi, j’ai assuré un service de français en seconde et en première technologique et un service de LCA (latin et grec) aux trois niveaux du lycée.

Durant deux années en tant qu’attaché d’enseignement et de recherche à l’Université de Perpignan, j’ai assuré les cours suivants :

L1 S1 : Explication de texte (24h TD, 12h CM). Ce cours, consacré à l’acquisition de la méthode des exercices de l’explication de texte et du commentaire composé, a consisté en des points méthodologiques et des études de textes divers par leur auteur, leur genre, leur siècle, leur registre et leur difficulté. Les étudiants ont été évalués à deux reprises sur l’exercice de l’explication à l’écrit.

L2 S1 : De la Grèce à nous, de l’oral à l’écrit (12h CM). Pour ce cours partagé, j’ai assuré la partie concernant le thème sous les aspects littéraire, culturel, historique et anthropologique. Les étudiants ont été initiés à un panorama chronologique de la question auquel se sont adossés des points de cours concernant les travaux de Walter. J. Ong et de Jack Goody, puis de leurs successeurs et critiques (entre autres) ou encore traitant de la question de l’orature, des traditions épiques antiques (Homère) et médiévales (chanson de geste), de l’interface entre oral et écrit dans la rhétorique, des techniques inventées pour perfectionner l’écriture (ponctuation, orthographe, évolution du manuscrit à l’imprimerie).

L3 S1 : Littérature et civilisation (12h TD, 12h CM). Ce cours a été pensé afin d’élargir les horizons des étudiants parfois peu au fait de l’évolution sur la longue durée des sciences humaines et de concepts importants y compris pour les études littéraires. Le cours du premier semestre a été consacré à l’évolution des rapports entre la littérature et l’écriture de l’histoire de l’Antiquité au début du XIXe siècle. Si l’Antiquité a fait l’objet de davantage d’observations, chaque période a été abordée autour de corpus d’exemples textuels et de pistes complémentaires d’analyse, permettant à la fois d’aborder des questions historiographiques et littéraires (par exemple au regard de l’étude stylistique).

L2 S2 : Littérature XIXe-XXe siècle (12h TD, 18h CM). Le cours a été consacré au programme suivant : Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire et Les planches courbes d’Yves Bonnefoy. Chaque auteur a été présenté dans le cadre d’un cours d’introduction, puis les séances ont été pensées dans la perspective de continuer l’acquisition des méthodes de l’explication linéaire et du commentaire composé d’une part, de la dissertation littéraire d’autre part, les étudiants ayant été évalués sur ces deux exercices à l’écrit.

L2 S2 : De la Grèce à nous, le théâtre (24h CM). Le cours a été conçu en deux parties. Une première partie a consisté en une présentation détaillée du contexte social, historique, religieux et politique du théâtre grec et du théâtre romain (en prolongeant la présentation synthétique jusqu’à l’époque moderne), qui a pris en compte le fait que le cours était suivi aussi bien par des étudiants de lettres que par des étudiants d’histoire de l’art. Cette partie a été l’occasion d’une prise de connaissance d’extraits d’œuvres diverses (surtout dans la tragédie) et de rappels concernant les auteurs du théâtre athénien classique. La deuxième partie du cours a consisté dans l’étude de la réécriture du mythe de Phèdre et d’Hippolyte à travers trois grandes œuvres, Hippolyte couronné d’Euripide, Phèdre de Sénèque et Phèdre de Racine, étudiées pour elles-mêmes mais aussi dans une visée comparative.

L2 S3 : Littérature et civilisation (18h CM). Pensé dans le prolongement du cours du premier semestre, le cours a débuté avec la rupture épistémologique et le changement de régime d’historicité produit par la Révolution française. Il a permis de constater comment, au XIXe siècle, l’histoire a cherché à s’autonomiser et à se constituer en tant que science distincte des belles lettres, ouvrant d’ailleurs la voie à la structuration universitaire des études littéraires elles-mêmes. Différents mouvements historiographiques ont été étudiés (l’école méthodique, l’école des Annales, les Nouveaux historiens) jusqu’aux développements les plus récents de la question, autour d’une part des propositions parfois polémiques d’Ivan Jablonka concernant l’apport de la littérature à la recherche historique, d’autre part du développement de nouvelles façons de faire et de penser l’histoire au sein ou en marge de la recherche universitaire, à travers l’histoire contrefactuelle. Le cours a aussi permis de considérer l’évolution du roman historique de Walter Scott à nos jours et la manipulation de l’histoire, voire la création d’Histoires fictionnelles, dans les genres de l’uchronie, de la science-fiction et du merveilleux. Une place de choix a été cependant réservée aux travaux d’historiens tels que Georges Duby (en partant du paradoxe apparent – pour quelques-uns – de l’entrée de son œuvre dans la Bibliothèque de la Pléiade) et Jacques Le Goff, qui ont permis de réfléchir tant à l’apport des lettres dans le style choisi par les professionnels de l’écriture historique, qu’à l’intérêt des approches pluridisciplinaires, à l’étude de l’imaginaire, de l’histoire des mentalités.